Top 10 des erreurs de traduction du japonais vers le français

La traduction de la langue japonaise peut être un véritable défi. En effet, de nombreuses différences existent de par la structure grammaticale, le vocabulaire ou encore les éléments culturels. Les erreurs de traduction avec la langue japonaise sont courantes et ont même entraîné une grande catastrophe dans l’histoire. D’ailleurs, peu importe si l’on est un débutant dans la langue ou bien un traducteur aguerri, certains détails peuvent nous bloquer lorsque nous traduisons du japonais vers le français. Voyons ensemble un top 10 des erreurs courantes à ne pas faire lorsque l’on traduit de la langue japonaise vers la langue française.

1) Ne pas faire attention à l’absence de pronom

Pour commencer, parlons du contexte. En effet, celui-ci est l’un des éléments les plus important lorsque l’on traduit du japonais. D’ailleurs, cela influence tous les aspects d’une traduction. Par exemple, l’absence de pronom est monnaie courante en japonais. Cependant, en français, il est très rare de ne pas avoir de pronom dans une phrase. Ainsi, il faut donc faire attention et lire le texte en question donné dans sa globalité avant de traduire. Les phrases précédent ou suivant le segment sans pronom nous donne des indications précieuses sur celui à utiliser.

Par exemple :「友達と食べに行きました。」

Cette phrase simple, sans contexte et sans pronoms, peut se traduire de nombreuses manières :

— Je suis allé manger avec des amis.

— Il/Elle est allé(e) manger avec des amis.

— Nous sommes allé(e)s manger avec des amis.

… Et ainsi de suite. Donc, on le voit bien, ignorer le contexte et traduire phrase par phrase, il est difficile de choisir le pronom approprié. En bref, si on fait attention au contexte, on peut traduire plus aisément des phrases ambiguës. On saura alors qui mange avec qui !

2) Traduire dans le « sens français »

Non, cette partie ne concerne pas spécifiquement le tategaki (écriture verticale japonaise), mais plutôt une structure générale.

Une phrase typique en français commence par un sujet et est suivi par un verbe. Grâce à cela, nous comprenons l’action décrite dès les premiers mots. Cependant, dans la langue japonaise, le verbe est placé à la fin, ce qui peu poser des soucis de traduction.

Certes, ceci est peut-être une base de la langue japonaise. Cependant, lorsque l’on est pris par l’exercice de traduction, il peut y avoir des moments où l’on oublie. Effectivement, dans le cas de phrases courtes, cela ne pose généralement pas de problèms. Mais face à de longues phrases qui s’étendent sur plusieurs lignes, cela se complique.

En effet, peut-être par habitude de notre langue maternelle, on essaye de traduire dès les premiers mots de la phrase. Mais cela peut gêner la compréhension de la phrase originale mais également perturber la structure générale de la phrase traduite. En conclusion, bien garder en tête de lire dans le « sens japonais » est le secret pour éviter des fautes d’inattention.

3) Traduire des noms

Évidemment, en raison de son alphabet, la langue japonaise n’a pas capitalisation pour les noms et prénoms. À cause de cela, des problèmes pour traduire peuvent survenir. Considérons par exemple le mot « milieu » (中 – なか) qui peut également se lire comme le nom « Hitoshi » (中 – ひとし). Comme c’est un mot commun, la confusion est facile à faire.

En effet parfois, malgré le contexte, cela peut entraîner une confusion et poser un souci en traduction. D’ailleurs, c’est encore plus vrai lorsque l’on s’aide de la traduction automatique. En conséquence, il faut donc être vigilants et éviter de traduire ces noms si le contexte ne nous donne pas d’indices supplémentaires.

4) Le sens véritable d’un kanji

Le grand défi de la langue japonaise : les kanjis. Bien qu’après avoir acquis beaucoup d’expérience et être bilingue, certains kanjis peuvent poser problème. La plupart possèdent beaucoup de sens, dont certains ne sont pas utilisés couramment. Donc, face à un kanji utilisé fréquemment, une erreur facile serait de traduire automatiquement avec le sens communément connu et ne pas chercher si, avec le contexte, un des autre sens ne serait pas plus approprié.

Pour conclure, une recherche minutieuse des kanjis utilisés dans le texte donné est donc toujours judicieux pour éviter ce genre d’erreurs.

5) Attention aux faux-amis, surtout si vous parlez anglais !

Due à son histoire, la langue japonaise a dû inclure de nombreux mots étrangers à son vocabulaire (Garaigo). Cependant, comme toute langue, leurs usages évoluent et divergent du sens dans la langue d’origine. Ce phénomène est surtout présent avec des mots d’origine anglaise et porte un nom spécifique : le Wasei-Eigo (uniquement pour les mots anglais). Quelques exemples de garaigo sont donnés ci-dessous :

バイキング (Viking)

Effectivement, en voyant ce mot, on imagine peut-être que cela signifie soit une activité en bicyclette, soit un Viking. Et pourtant, en japonais, cela signifie en fait un buffet.

マンション (Mansion)

Non, en japonais, cela ne signifie pas un manoir, mais bien un immeuble, souvent “en bloc”, qui rassemble de nombreux appartements.

Donc pour résumer, il faut faire très attention à ce genre de faux-amis qui peuvent passer inaperçu lorsque l’on est polyglotte !

6) Ne pas avoir peur de couper certaines phrases

Une des difficultés en japonais est la longueur des phrases. Effectivement, en français, surtout dans les textes académiques, les longues phrases sont assez répandues. Mais en japonais, ces phrases peuvent être encore plus longues que celles qu’on a l’habitude de voir. De plus, lorsque l’on traduit du japonais vers le français, on a un taux de foisonnement important (il y a plus de mots en français traduit que dans la langue originale). Cependant, cela ne veut pas dire que l’on est obligé de garder une phrase entière telle qu’elle dans la traduction.Si cela est opportun, la couper en 2 phrases peut être judicieux. Éventuellement, on pourrait utiliser un point-virgule pour éviter au traducteur de mal traduire un segment et également lui éviter d’être confus et de perdre le lecteur.

7) Trop coller à la structure de phrase japonaise

Évidemment, l’ordre de la phrase en japonais est complètement différent de l’ordre en français. En traduisant, nous pourrions être tentés de calquer cette structure japonaise par automatisme. Cependant, cela peut être une erreur, car l’ordre de certains mots peut renvoyer un sens différent en français. Bien que le traducteur comprenne sa traduction, ayant accès au texte original, le lecteur ne comprendra pas forcément. Cet élément rend la traduction de la langue japonaise effectivement plus difficile.En résumé, se détacher au maximum de la structure japonaise en traduisant permet d’éviter ce genre d’erreur qui peut entraîner des confusions.

8) Comprendre la culture japonaise

Comme on le sait bien, la culture influence profondément chaque langue. Évidemment, c’est la même chose avec le japonais. Chaque langue possède ses propres expressions idiomatiques, souvent basées sur les mythes fondateurs du pays et autres légendes ou religions. Cependant, le japonais étant une langue asiatique, ses fondements sont totalement différents de la langue française. C’est pourquoi il faut faire des recherches pour comprendre la culture et ces expressions.

Par exemple, dans un texte, il peut se trouver des expressions qui sous-entendent une idée en japonais, mais qui sont édulcorées, voire supprimées lorsque l’on traduit en français. Citons des notions comme le soto et le uchi ou bien le honne et le tatemae, qui sont des concepts importants pour comprendre des textes japonaise à double sens. Sans cette étude culturelle et anthropologique, un traducteur pourrait passer à côté des subtilités d’un texte et ne pas retransmettre avec exactitude celui-ci.

C’est pourquoi une étude approfondie de la culture japonaise ainsi que de son histoire et fondation peut éviter de faire des erreurs de traduction en manquant les sous-entendus du texte.

9) Ne pas respecter les registres de langue (familier, neutre, poli, keigo)

En japonais, il existe un registre de politesse spécifique pour diverses situations et interlocuteurs. Voici les quatre catégories en question :

— Familier (amis, famille proche…).

— Neutre (famille, collègues proches…).

— Poli (collègues, professeur…).

— Keigo (la plus haute forme de politesse, pour un patron ou l’empereur par exemple).

Certes, en français, différents registres de langue existent également (vulgaire, familier, courant, soutenu) ainsi que des marques de politesse spécifiques (tutoiement et vouvoiement). Cependant, elles n’ont pas d’application semblable aux registres japonais. Donc, afin de bien retransmettre un degré similaire de respect et politesse en français, il faut trouver des équivalences. En conclusion, il est très important de comprendre ces notions et subtilités lorsque l’on traduit pour ne pas faire des erreurs de contexte (ou politesse).

10) “Lisser” la langue japonaise pour plus de facilité à traduire

Dans certains cas, pourrait avoir tendance à effacer toutes les spécificités du texte japonais dans la traduction. Le but n’est pas forcément pour se faciliter la tâche cependant. La plupart du temps, ce choix est fait afin que le texte d’arrivée soit plus facile à comprendre. Mais, dans certains contextes, certains messages, tons et idées peuvent être affectés par de telles décisions.

Citons par exemple les onomatopées (qui en japonais sont plus de 4 500 !) ou bien le yakuwarigo ou langage de role, qui sont des aspects importants de la langue japonaise et qui transmettent une certaine idée. En fonction de la visée du texte et de son genre, certains choix se font pour faciliter le lecteur cible. Mais ce choix ne doit pas non plus être systématique.

Prendre en compte chaque mot et détail du texte japonais original ainsi que sa visée permet d’éviter ce genre d’erreur.

Bien évidemment, ce top n’est pas exhaustif et n’inclut pas toutes les erreurs et difficultés de traduction qui existent. Quelles sont celles que vous avez personnellement remarquées ? Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à consulter nos autres articles en lien avec la traduction.



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